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dimanche 20 mai 2012

Poème - Lines left upon a keaboard in a yew-tree =}

Le titre de ce poème fait référence de manière ironique à un poème de William Wordsworth, "Lines left upon a seat in a yew-tree...", un poème conversationnel et méditatif qui fait partie des Lyrical Ballads de Wordsworth et Coleridge, œuvre qui a participé à l'essor du mouvement romantique britannique... 

Mon poème ne prétend aucunement ne serait-ce que rêver d'égaler la qualité poétique d’œuvres telles que celles de Wordsworth, mais il se trouve que c'est ce à quoi je travaille ces jours-ci (et ce n'est qu'une facette de mon travail...). La lecture acharnée et le décorticage de ces œuvres ne se fait pas sans laisser de séquelles, que j'essaie de panser tant bien que mal en reposant mon cerveau aigri sur mes RPGs, au prix de toute activité artistique véritable, au moins tant que je n'aurai pas ce foutu concours.

Prise de poésie meurtrière, à force de lire de la frénésie romantique, je me suis lancée dans un poème qui conte les tourments d'un être humain accroc aux jeux vidéos, à internet et à son adorable PC en général. 

(PC qui a décidé de mourir depuis hier et qui donc prive ce pauvre être humain du loisir de se vider la tête sur son jeu, entre quelques paquets de pages de commentaires poétiques, fort inspirés cela dit !)

"Lines left upon a keyboard in a yew-tree"

"Tu as posé les yeux sur moi
Ô ombre fatale
Nemesis au regard électrique
Qui jamais ne dort. 

Des landes de la poiesis 
Tu m'as arrachée. 
Depuis toi rien n'est plus, 
Je ne suis plus au monde. 

Je t'aime et je te hais. 
De toi mes jours sont faits,
De toi mes nuits hantées. 
Pas un jour ne passe sans ton souffle.

Maintes fois mes mains j'ai enchaînées
Ô combien de fois
Mon esprit aliéné ai-je enfermé
Dans son ouverture ! 

Contrainte de vivre, Ne trouvant pas--
Mo che--
Mon chemin ! 
_Ah! Voila donc ce que pense mon esprit ! 
Lui qui transforme la pureté d'un voie toute tracée
En un mot de laideur !_

Et je reviens à toi telle une âme perdue.
Je m'irrite à ton contact, 
Je m'effrite et me brûle,
Jeu de dupes,
"Jeu" n'en puis plus...

Plaisir coupable et facile, 
Réponses toutes faites, 
Des heures, des siècles de vide secret
Où toute création ne vit.

Loin de toi, les "je" sont faits,
Et rien ne va plus. 
Loin de toi, mes jours sont comptés,
Depuis toi rien ne naît plus.

Spirale sans fin,
Cercle vicié tout autour...
D'heure en heure mon cœur te heurte : 
Tantôt te vivre, tantôt te tuer !

De la fontaine au désert, 
De l'abondance à la souffrance.
Je voudrais n'être jamais entrée dans ta danse
A l'amer revers.

Mon existence aurait-elle eu plus de sens sans toi?
Démon, tôt ou tard
J'aurais croisé ton chemin. 
Mais bien souvent m'apparaît ce paradigme:
Qu'en aurait-il été?

Et aujourd'hui, 
Puis-je te renier une fois de plus?
Abandonner tes yeux de braise,
Renoncer au rêve, à la beauté
Si aisément offerte et cueillie?

Contrainte d'éprouver ton absence,
Je me flagelle et m'abîme 
Dans le fantasme virtuel 
De ta présence obsédante.

Loin de mes yeux endoloris,
Tu es là en palimpseste.
Un court répit insoutenable et bénéfique,
Sans ton essence incontrôlable et maléfique.

Mes mains prennent la plume
et se lamentent de n'être
 qu'instruments de ta perfidie...
Ô douce amie, Ô douce haine mie!

Je puis patienter des siècles.
T'admirer, te rêver,
Pour enfin te posséder,
Abuser de toi 
Et en toi me noyer,
Pour réaliser enfin que je n'ai été.

Dois-je éprouver ce vide 
Pour enfin être à l'univers?
Doit-on vraiment souffrir pour enfanter?
L'art ne peut naître que du manque.

Tu combles ce manque en apparences
Et berces mon âme
De cruelles visions.
Moi qui ne vis que pour créer...

Que sera demain?
Que serai-je sans toi?
Que serai-je avec toi?
Ce quaesitio a t-il un sens?

Pas plus que n'en a ce poème,
Absurde, inconséquent pour qui ne le vit.
Vivre l'entre deux m'est impossible.
Le spectre à l'heure moderne 
Me réclame toute entière."

En espérant que cela vous aura inspiré, je vais retourner à mes livres... =3

4 commentaires:

  1. Très beau et très inspiré :)
    Je prendrais plaisir à le relire un soir prochain.

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    1. Merci infiniment :}
      Je me suis régalée à rendre beau -enfin, si toutefois c'est beau, ça je ne juge pas- quelque chose de trivial !
      Cela me fera très plaisir que tu y retournes !!

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  2. Je fais parti de celles qui le trouve beau ce poème :)

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    1. Mille mercis aussi Sifhel !
      :} Quel plaisir !
      Tu es comme ça aussi sans PC ?... ^^'

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